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Produits

MAP (phosphate monoammonique)

Le phosphate monoammonique (MAP) est un engrais NP à haute teneur en P2O5, obtenu par réaction d'ammoniac sur acide phosphorique.

Mono-ammonium phosphate · NH4H2PO4 · 11-52-0 · 12-61-0

Le phosphate monoammonique (MAP) est un engrais composé de type NP, résultant de la neutralisation de l'acide phosphorique par l'ammoniac. Sa formule chimique est NH4H2PO4. Les grades courants affichent 11 % d'azote (N) et 52 % de pentoxyde de diphosphore (P2O5)[1]. Une variante à 12 % N et 61 % P2O5 est répertoriée avec l'indication de totale solubilité dans l'eau (100 % ws1)[2]. Le MAP se distingue du DAP (phosphate diammonique) par un rapport N/P2O5 plus faible, ce qui le destine aux situations où le phosphore est le facteur limitant.

Fabrication

La production du MAP s'inscrit dans la filière phosphatée classique : la roche phosphatée est attaquée par de l'acide sulfurique pour produire de l'acide phosphorique par voie humide, lequel est ensuite neutralisé par l'ammoniac[3][4][5]. Cette étape d'ammonisation peut se dérouler selon plusieurs configurations techniques. Le procédé de neutralisation directe en réacteur tubulaire (pipe reactor) exploite la chaleur de réaction pour évaporer l'eau contenue dans l'acide phosphorique, permettant des taux de recyclage faibles et une consommation réduite d'utilités[6]. La pré-neutralisation conventionnelle, réalisée en série de cuves, produit une boue plus aqueuse, d'où un taux de recyclage élevé et une consommation énergétique supérieure, mais avec une qualité de produit final satisfaisante[6]. Le réacteur tubulaire peut être intégré au tambour de granulation, voire complété d'un second dans le séchoir[6].

Usages agronomiques

Le MAP est utilisé comme engrais de fond ou en localisation au semis, en raison de sa forte concentration en phosphore et de sa bonne solubilité dans l'eau. Sa formule 11-52-0 en fait un produit de choix pour les besoins en phosphore élevés, notamment dans les phases initiales de développement des cultures. Dans les programmes de fertilisation, il entre également comme matière première dans la formulation d'engrais NPK et de mélanges en vrac[1][3]. Aux États-Unis, les phosphates ammoniacaux (DAP/MAP combinés) représentent 4 % de l'application d'engrais azotés, loin derrière l'urée (24 %), l'ammoniac direct (27 %), les solutions azotées UAN (26 %) et les nitrates (2 %)[7]. Au Brésil, cette même catégorie atteint 5 % de l'application azotée, l'urée dominant à 56 %[8].

Marché et commerce

Le MAP figure parmi les trois principaux produits finis de la filière phosphatée, aux côtés du DAP et du TSP (superphosphate triple)[3][4]. En 2023, la production mondiale de MAP s'établissait à 35 Mt (millions de tonnes de produit), dont 16 Mt exportées[4]. À titre comparatif, la production de DAP atteignait 85 Mt (8 Mt exportées) et celle de TSP 30 Mt (12 Mt exportées) la même année[4].

Les flux commerciaux de MAP sont structurés par la géographie des ressources en phosphates et des capacités d'ammoniac. Les États-Unis utilisent l'ammoniac importé pour produire du DAP et du MAP[9]. Le Maroc, détenteur des plus importantes réserves mondiales de phosphates, importe également de l'ammoniac en vue de cette même production[9]. Le Moyen-Orient constitue une région exportatrice significative de phosphates ammoniacaux et d'autres fertilisants[10]. Les tensions dans le détroit d'Ormuz au début de 2025 ont illustré la vulnérabilité de ces flux, avec 150 000 tonnes d'engrais phosphatés bloquées sur trois navires à l'ouest du détroit fin avril[11].

Prix et coûts

Le prix du MAP dépend étroitement de celui de ses matières premières, acide phosphorique et ammoniac, ainsi que du fret maritime. La référence BPL (bone phosphate of lime) de la roche phosphatée et les coûts de l'acide sulfurique interviennent en amont[3][4]. Les bases de prix FOB et CFR structurent les échanges internationaux [wiki:bases-de-prix-fob-cfr-fca]. La concentration en P2O5 du MAP (52 %) dépasse légèrement celle du DAP (46 %), ce qui peut réduire le coût de transport par unité fertilisante sur les longues distances.

Réglementation et environnement

La production de MAP relève des réglementations industrielles applicables aux engrais phosphatés, notamment en matière d'émissions atmosphériques et de gestion des résidus. Le phosphogypse, sous-produit de la fabrication de l'acide phosphorique par voie humide, constitue le principal enjeu de gestion des déchets de la filière. Dans l'Union européenne, le règlement sur les produits fertilisants encadre les teneurs en cadmium et autres contaminants. Le transport international de fertilisants phosphatés relève du code IMDG (International Maritime Dangerous Goods), référencé dans les glossaires techniques de l'industrie[12].

Sources

  1. FAO, Plant nutrition for food security (2006), p. 333 · Voir la source
  2. FAO, Plant nutrition for food security (2006), p. 125 · Voir la source
  3. Yara, Fertilizer Industry Handbook 2022, p. 97 · Voir la source
  4. Yara, Fertilizer Industry Handbook 2025, p. 100 · Voir la source
  5. Yara, Fertilizer Industry Handbook 2025, p. 82 · Voir la source
  6. Commission européenne, BREF LVIC-AAF (2007), p. 315 · Voir la source
  7. Yara, Fertilizer Industry Handbook 2022, p. 38 · Voir la source
  8. Yara, Fertilizer Industry Handbook 2025, p. 39 · Voir la source
  9. Yara, Fertilizer Industry Handbook 2025, p. 44 · Voir la source
  10. IFA, Medium-Term Fertilizer Outlook 2026-2030, p. 5 · Voir la source
  11. IFA, Medium-Term Fertilizer Outlook 2026-2030, p. 9 · Voir la source
  12. EFMA, BAT Booklet No. 1, Production of Ammonia (2000), p. 34 · Voir la source

Texte original de fertiliser-market.com. Les faits et les chiffres sont repris des documents cités, à la page indiquée ; aucun texte, tableau ni graphique n'en est reproduit.

Mis à jour le 27 octobre 2026

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